Au Mexique, les célébrations publiques et privées liées à la Toussaint (Día de Muertos), tout autant que la multiplication des représentations de la mort sous la forme de la Catrina ou de squelettes, font désormais partie d’une culture populaire se diffusant bien au-delà des frontières du pays. Le développement d’un tel imaginaire, notamment dans les zones urbaines, tend à accréditer l’idée selon laquelle les Mexicains entretiendraient un rapport de proximité avec les morts qu’ils accueilleraient en leur offrant des repas dans une atmosphère festive au moment de leur retour annuel. En réalité, l’observation ethnographique des transferts alimentaires destinés à ces visiteurs dans les communautés de Mixe vivant dans l’État d’Oaxaca prouve que la crainte de voir les morts rester dans la sphère domestique ne disparaît pas à la Toussaint. Pour le démontrer, cet article mène une étude contrastive des régimes de commensalité associés aux dépôts cérémoniels – associés à des sacrifices de volailles – selon qu’ils sont destinés aux morts ou à une entité appelée « Celui qui fait vivre ». Alors que l’anthropologie religieuse s’est souvent consacrée à l’étude de la symbolique des éléments transférés lors d’une offrande alimentaire, l’angle d’analyse adopté se concentre sur les dynamiques interactionnelles grâce auxquelles est mise en scène l’acceptation de ces transferts par ces différents destinataires. En dépit des similitudes dans la morphologie rituelle, on découvre alors que les dépôts de nourritures n’établissent pas les mêmes types de relations avec les morts ou avec « Celui qui fait vivre ».
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Culturelle
Articles
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Nourrir les morts ou « Celui qui fait vivre », les différents régimes de commensalité rituelle chez les Mixe (Oaxaca, Mexique)
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAY -
Alimentation et vivre-ensemble. Le cas de la créolisation
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAYLa créolisation est le fruit des situations d’acculturation qui caractérisent certaines sociétés formées avec la colonisation, donnant naissance à des configurations socioanthropologiques singulières, tant sur le plan des productions matérielles et immatérielles que sur celui des formes de vivre-ensemble. Dans ces processus, l’alimentation joue un rôle majeur en tant que support de construction et d’expression identitaires. Sur le plan sociohistorique, la créolisation de l’alimentation correspond aux formes d’entrecroisements culturels intervenus dans ces sociétés, donnant ce que l’on appelle localement les cuisines créoles ; ces hybridations se poursuivent aujourd’hui encore avec la globalisation et les migrations plus récentes. Plus largement, elle désigne les processus identitaires qui entourent l’alimentation et par lesquels les populations en situation de diversité culturelle marquent l’en-commun et la différence. La réflexion s’appuie sur l’étude du système alimentaire à La Réunion, où la cuisine créole et le manger créole symbolisent l’appartenance commune, alors que les autres cuisines soutiennent les dynamiques de différenciation et de construction de la mémoire des origines.
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Dialogue entre Perig Pitrou et Luna Kyung
5 mars 2019, par Mathilde COUDRAYPerig Pitrou, anthropologue, Laboratoire d’anthropologie sociale, Collège de France/CNRS et Luna Kyung, artiste-auteure-cuisinière, Corée - Longtemps associés aux maladies ou à la décomposition, les microbes sont aujourd’hui réhabilités. Qu’il s’agisse des micro-organismes du sol, du microbiote intestinal ou des différents ferments utilisés pour la transformation des aliments (bactéries, champignons, levures), les microbes sont essentiels au développement des animaux et végétaux, à leur nutrition, à leur système immunitaire, voire à leur comportement. Comment préserver cette diversité microbienne ? Quels rôles joue le microbiote intestinal sur notre santé ? Quels sont les secrets des aliments fermentés ? Comment nous définissons-nous par rapport à un univers microbien qui nous dépasse très largement en nombre ? Cette journée a cherché à rendre visible l’invisible...
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L’alimentation nomade des peuls - Salamatou Sow
5 février 2018, par RoxaneSalamatou Sow, sociolinguiste, Université Abdou Moumouni, Niger - Pour son 7e rendez-vous annuel, la Chaire Unesco Alimentations du monde s’intéresse aux circulations des aliments et des hommes, dans l’espace et le temps, pour comprendre comment les connaissances, traditions, habitudes et pratiques alimentaires voyagent dans le monde pour se généraliser, se recomposer, se réinventer, s’hybrider...
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Convergence and divergence in food consumption ? Culture, Class and Place in Malaysian Urbanscape. - Anindita Dasgupta
22 décembre 2017, par RoxaneAnindita Dasgupta is Associate Professor, and Head of School, School of Liberal Arts & Sciences, at Taylor’s University, Malaysia. She is the Book Review Editor for Millennial Asia : An International Journal of Asian Studies.
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Femmes-males et jeux de pouvoir par l’alimentation à Abidjan
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAYCe texte analyse le triptype Genre-Alimentation-Ville à travers une étude qualitative dans ville d’Abidjan (Côte d’Ivoire). D’abord, il expose cette ville comme révélatrice d’oppressions et d’inégalités de genre issues d’un système discriminant.
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Le métissage, dynamique des gastronomies
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAYLa gastronomie est une notion ambivalente, tantôt confisquée par un discours élitiste de l’« art de la bonne chère », tantôt assimilée par une culture du boire et du manger construite autour de ces pratiques. En 1826, Brillat-Savarin l’explicitait en « art de régler l’estomac ». Mêlant considérations médicales et recettes de cuisine, il transforme la gastronomie en Physiologie du goût ou Méditations de gastronomie transcendante. Dès lors perçue comme le fait de « gastronomes », elle est « la connaissance raisonnée de tout ce qui se rapporte à l’homme en tant qu’il se nourrit ». Cette conception creuse le fossé qui sépare des cuisines dites populaires de celles dites gastronomiques, que l’on retrouve à la table des grands. La gastronomie, dans cette prétention des plus élitistes, est dénoncée par Jean-Louis Flandrin comme une « pseudo-science du bien-manger » issue d’une rationalisation des pratiques et des consommations alimentaires, et remet en cause les principes d’une diététique née des Lumières. Aussi, elle ne peut être comprise sans être rattachée à la construction des identités nationales tout comme elle présente des caractéristiques qui n’ont cessé d’être interrogées et mises en cause par les historiens.
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« La ruée vers la cocotte en fonte » à Taipei : l’exotisme culinaire à l’aune du changement alimentaire. - Fongming Yang
22 décembre 2017, par RoxaneDurant son doctorat (2009-2016) à l’EHESS, Fong-Ming YANG s’est intéressé à l’alimentation de différents types d’immigrés venant du monde chinois et à l’économie ethnique développée par ces derniers. Depuis juillet 2017, il est chercheur postdoctoral à l’Institute of Ethnology, Academia Sinica (Taipei, Taiwan).
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Les « bath packets » et l’expérience urbaine liée au genre à Colombo
26 octobre 2021, par Mathilde COUDRAYRice is a staple in Sri Lanka and is often eaten with three or more condiments. The article explores the modes in which this staple transforms itself when it becomes a packaged commodity of ‘rice and curry’ (bath packets) in the city.
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Origines et cérémonie du café en Éthiopie - Eloi Ficquet
21 juin 2022, par Mathilde COUDRAYPour aller plus loin : "En Ethiopie, le café des origines", Le Courrier de l’UNESCO, mars 2023.
Chaire UNESCO Alimentations du monde