Entre producteurs – et consommateurs : vers des échanges plus justes ?
Atelier 2 Entre producteurs et consommateurs : vers des échanges plus justes ?
NATHALIE COLIN
DIRECTION RÉGIONALE DE L’ALIMENTATION, DE L’AGRICULTURE ET DE LA FORÊT LANGUEDOC-ROUSSILLON
De nouvelles proximités s’inventent aujourd’hui entre producteurs et consom mateurs, entre offre et demande. Il existe une forte motivation des consommateurs pour les produits alimentaires locaux. Les démarches en circuits courts se diversifient et les producteurs innovent dans leurs modalités de vente : magasins de producteurs, amap, vente par correspondance ou en ligne, vente directe à la ferme ou marchés paysans, etc.
Si la principale motivation des consommateurs est souvent de redonner du sens à leur consommation en recréant du lien avec la production, il s’agit également pour les producteurs d’une modalité de vente permettant une meilleure ‘justesse’ du rapport marchand. Le circuit court réinterroge donc en cela les questions de construction du prix et de son acceptabilité.
Cet enjeu du « payer différent » est abordé dans le premier exposé consacré aux monnaies locales complémentaires, souvent qualifiées de monnaies de liens. Au travers d’exemples concrets où producteurs et consommateurs s’associent sur un territoire pour redynamiser l’économie locale, on assiste à un changement de posture dans le rapport à la monnaie et à la valeur. Des alternatives aujourd’hui peu connues, qui essaiment mais à des échelles réduites.
Le second exposé est consacré aux drives de circuits courts, un mode de distribution innovant qui s’appuie sur le regroupement d’une offre locale diversifiée et la recherche d’une optimisation logistique dans la distribution. Un modèle qui s’adapte aux nouveaux modes de consommation avec une interface virtuelle de commande mais vient questionner la qualité relationnelle de l’achat en circuits courts.
Le troisième et le quatrième exposé autour de la téléphonie mobile en soutien de la filière anacarde et la place des systèmes d’informations de marché pour une commercialisation équitable nous montrent le développement de solutions TIC adaptées au milieu rural en Afrique, via la téléphonie mobile, permettant de diffuser des informations sur les marchés et les prix ou des conseils agronomiques. Mieux informé, le producteur se réapproprie du pouvoir dans la fixation de ses prix. Une condition essentielle pour des échanges plus justes dans un marché concurrentiel où les petits producteurs restent cependant isolés.
Enfin, le dernier exposé sur le label de participation à l’agriculture familiale au Brésil explore la possibilité d’identifier les produits issus de modèles de productions durables. L’étiquette porte donc une mention qualitative qui prouve que le produit respecte un cahier des charges. L’objectif est d’informer le consommateur sur le
rôle économique et social de l’agriculture familiale au Brésil, un modèle valorisé par le gouvernement. Un cahier des charges qui ne garantit cependant pas un prix rémunérateur plus équitable pour le producteur...
La relation entre producteur et consommateur s’adapte à des contextes évolutifs au Nord
comme au Sud. Elle se réinvente et prend de multiples formes entre achat et partenariat solidaire, recherche de praticité et engagement éthique, confiance, mode relationnel et exigence de garantie. De multiples combinaisons restent encore à explorer...
CONTEXTE AGRICOLE BRESILIEN ET POLITIQUES AGRICOLES PUBLIQUES Le Brésil et ses politiques publiques pour réduire la faim et la pauvreté ont été fortement mis en avant ces dernières années. L’agriculture familiale a eu un rôle important au cours de l’élaboration de ces politiques publiques et au sein des programmes mis en place.
Le premier pas a été en 1996 avec la création d’un programme national de renforcement de l’agriculture familiale, le PRONAF. Celui-ci est marqué par la (…)
HAMAN DJOUMA SADOU
RÉSUMÉ Les systèmes d’information de marché de première génération n’ont pas répondu aux attentes de leurs promoteurs. L’information produite et mise à la disposition des usagers n’est pas assez fiable et cela réduit son utilité. Elle est diffusée sans toutefois connaître suffisamment la demande d’information des acteurs. Les bénéficiaires estiment que les canaux de diffusion classiques (radio, télévision, et support papier) fournissent des informations génériques et (…)
CHRISTIANE MALAN
objet de cette étude porte sur l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC), en particulier de la téléphonie mobile, par des L’agriculteurs africains comme outil de développement de leur activité. L’idée ici est de savoir comment les téléphones mobiles peuvent transformer l’agriculture. Cette idée a été développée par l’ONG française Rongead sous le nom de N’Kalô (« je suis au courant » en dioula, langue locale). Il s’est agi d’offrir (…)
Aujourd’hui, les habitudes de consommation sont en pleine évolution. Alors que la demande de produits locaux augmente, le temps consacré à l’acte Ad’achat diminue. L’une des solutions pour répondre à cette demande est le drive en circuit court, permettant d’acheter des produits locaux rapidement à la manière d’un drive plus classique. Cette innovation dans l’acte d’achat se développe aujourd’hui sur le territoire français, apportant certaines perspectives intéressantes en terme de (…)
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Face aux défauts du système économique actuel, de nombreux dispositifs d’échange alternatifs se sont développés et parmi eux on trouve les monnaies locales Fcomplémentaires (MLC). Ces monnaies coexistent avec les monnaies officielles, elles ne visent pas à les remplacer. L’objectif est plutôt de réorienter les échanges pour les rendre plus utiles économiquement, socialement ou environnementalement. Nous les avons étudiés pour comprendre leur fonctionnement.
LES MLC, UN (…)