Quelle acceptabilité de menus spéciaux proposés en restauration collective ?

Mohamed Merdji, Audencia, Nantes

Mohamed Merdji, Audencia, Nantes - Les comportements d’abondance et l’excès de consommation de graisses animales, sucre et sel, partout dans le monde, induisent une augmentation des maladies non transmissibles (maladies cardiovasculaires, diabète de type 2 et obésité). Avec le développement de ces pathologies, et la volonté de les prévenir, on observe une forme de médicalisation de l’alimentation (y compris dans les situations de sous-nutrition), qui renouvelle de manière importante les relations entre alimentation, santé et bien-être.

Mohamed Merdji, titulaire de la Chaire sur l’agriculture responsable, les stratégies et les marchés en produits agroalimentaires, note que les Français restent attachés à la commensalité. « Le modèle du repas partagé demeure très prégnant aujourd’hui ». L’enquête menée par son équipe auprès de 200 familles d’enfants allergiques est à cet égard révélatrice : la principale inquiétude de ces familles porte sur la difficulté que leurs enfants ont à « manger avec les autres », bien plus que sur le risque que leurs enfants ingèrent des produits dangereux pour eux lors de repas collectifs. Il remarque également que les Français rejettent les formes de « médicalisation alimentaire », comme l’indique une expérimentation de deux semaines menée dans un restaurant d’entreprise, l’origine et la traçabilité des aliments compte plus aux yeux du consommateur que la qualité nutritive affichée.

Issuu