Accueil > Rubriques hors ligne > Parcours thématiques > L’alimentation facteur d’identité > Croyances et alimentation > Des aliments qui nous transforment > Principe d’incorporation
Comme les « alicaments » qui sont sensés améliorer notre santé une fois ingérés, tout aliment s’accompagne de propriétés spécifiques. En incorporant un aliment, on incorpore aussi ses propriétés physiques et symboliques. Le principe d’incorporation, décrit par Claude Fischler, suppose que « je suis ce que je mange ». Il convient dès lors d’être particulièrement vigilant à ce que l’on ingère.
En effet, se nourrir constitue un acte essentiel impactant l’individu aux niveaux tant identitaire que vital. Si être omnivore permet de s’adapter à des environnements divers, cela implique aussi de diversifier son alimentation. Les êtres humains se retrouvent alors confrontés à une situation complexe, entre néophilie et néophobie alimentaire. C’est le « paradoxe de l’omnivore ». Car faire pénétrer des aliments en soi n’est pas anodin et les mangeurs sont plus méfiants face aux aliments qu’ils ne connaissent pas. Dès le plus jeune âge, entre en compte tout le processus éducatif qui, par l’apprentissage social et culturel, nous transmet un éventail du « mangeable ».
Le principe d’incorporation peut être complété par ceux de l’épigénétique nutritionnelle et de la commensalité. Le premier élargit la doctrine « je suis ce que je mange » à l’alimentation de nos aïeux : « je suis aussi ce que mes parents et mes grands-parents ont mangé ». Le second intègre l’individu dans un groupe socioculturel en adoptant des pratiques alimentaires similaires à celles des membres de ce groupe : « je suis ceux avec qui je mange ».