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Au cours du XXe siècle, la profusion alimentaire, l’augmentation des portions, le marketing, etc., sont en partie responsables de l’augmentation de la prévalence de l’obésité et du gaspillage alimentaire. Sans cesse confrontés à une large variété d’aliments prêts à consommer, les individus sont tentés de manger au-delà de leurs besoins. L’existence de grandes portions transforme la définition d’une portion « normale », sans compter que leur prix peut être plus attractif que celui des petites portions. Mais le plaisir n’est pas proportionnel à la portion. Le ressenti global dépend du plaisir moyen, et non de la somme des plaisirs, et le plaisir sensoriel est maximal à la première bouchée, puis décline. Les dernières bouchées des grandes portions sont moins plaisantes que les premières et abaissent ainsi la moyenne du plaisir de l’ensemble de la dégustation. Ce phénomène pourrait être corrigé par l’anticipation du plaisir alimentaire : la mémoire de consommation associée à l’anticipation du plaisir avant de manger, particulièrement liée au pouvoir de réminiscence des odeurs, pourrait influencer le plaisir global ressenti lors de la dégustation ainsi que la sensation de satiété, et inciter par conséquent le mangeur à choisir des portions plus petites.
Par ailleurs, le plaisir étant fortement lié au contexte, on pourrait par exemple influencer les comportements alimentaires en institution de soin afin de participer à l’amélioration de l’état de santé des personnes hospitalisées. En améliorant la qualité du service des repas et en augmentant la prise en compte des individus et de la symbolique des repas, on observe effectivement une amélioration de la satisfaction.
Le plaisir constitue ainsi un levier pour la santé à différents niveaux.