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A côté de la sous-nutrition existent des problèmes de malnutrition, par carence (la faim « cachée ») ou par excès (l’obésité). Ces questions de santé publique liées aux régimes alimentaires ne se posent pas partout de la même manière (certains régimes sont considérés comme modèles : Japon, Méditerranée) et on observe encore une grande variété de styles alimentaires dans le monde. Pourtant, une tendance globale se dessine vers une surconsommation calorique, avec une plus forte proportion de produits animaux et transformés.
Beaucoup reconnaissent aujourd’hui que l’objectif du Millénaire pour le développement des Nations unies, qui visait à réduire de moitié entre 1990 et 2015 la proportion de personnes sous-alimentées dans le monde, est désormais hors de portée.
Le diagnostic de la situation alimentaire mondiale est très préoccupant : la FAO estime que deux milliards d’individus souffrent de la faim ou de carences alimentaires sévères et, selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé, environ un milliard de personnes seraient atteintes d’obésité.
Cette situation est aggravée par l’augmentation des prix des denrées alimentaires et par de nouvelles contraintes posées aux systèmes agraires : changements climatiques, spéculation financière, concurrence avec les biocarburants, etc.
Hassan BENABDERRAZIK (Ancien secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Maroc)
Sous l’influence conjuguée de l’évolution des modes de vie, de la concentration et de la financiarisation de l’industrie agroalimentaire et de la distribution, le modèle alimentaire industriel de masse, qui tend à devenir dominant, répond de moins en moins aux enjeux de durabilité. Dès lors se pose la question de savoir comment faire de l’alimentation durable un « bien commun ».