Accueil > Rubriques hors ligne > Parcours thématiques > « Glocaliser » l’alimentation > Convergence ou diversité des pratiques alimentaires ? > Quelles spécificités historiques, sociales et culturelles ? > Le rôle des croyances symboliques et religieuses
L’alimentation est une donnée essentielle de l’identité culturelle, c’est-à-dire du sentiment d’appartenance à un groupe. Les doctrines religieuses influent particulièrement sur la délimitation des frontières du mangeable. Et s’il est un aliment qui a une fonction symbolique capitale dans la majorité des sociétés humaines, c’est bien la viande. Ainsi, dans la religion hindouiste, le régime végétarien des brahmanes est censé préserver leur pureté, et la consommation de bœuf est bannie pour toutes les castes. De manière analogue, le porc fait l’objet d’une interdiction stricte dans le judaïsme et l’islam. Sans bannir le plaisir gustatif, la religion catholique condamne la gourmandise, associée aux produits carnés, notamment à la viande de porc. Au-delà des interdits religieux, certains animaux ont une valeur symbolique forte. Ainsi, la brebis, le bélier, le mouton et l’agneau sont omniprésents dans la symbolique sacrificielle, comme dans la consommation festive, des trois religions monothéistes. Les conditions de prédation, d’élevage et d’abattage des animaux font parfois l’objet de prescriptions culturelles et religieuses. Une valeur particulière est attribuée aux produits animaux dans leur ensemble, incluant les produits laitiers. En effet, le lait est dans plusieurs civilisations associé aux premiers matins du monde, un monde né d’une goutte de lait pour les Peuls, éleveurs laitiers présents dans plus de vingt pays en Afrique.